31 décembre 2012 / 1er janvier 2013
"J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur"
Il y a pas mal d'années de cela, en voyage sur un autre continent, j'avais commencé par cette citation une lettre à mes parents. Suivaient d'autres nouvelles intérieures, si je puis dire, et j'avais fini quand même par un : tout va bien !
De quoi les rassurer quelque peu... Les années passent, et voilà nos propres enfants aux antipodes, et nous... à attendre malgré tout quelque nouvelle rassurante !
Ainsi va le monde, à remoudre le grain déjà moulu, à vivre par soi-même ce que les autres ont souvent déjà vécu. Mais on ne vit jamais pour les autres, à chacun ses expériences et c'est terriblement bien ainsi.
Dans l'humanité partagée, dans la fraternité autant que faire se peut, avançons chacun, toujours et encore. En confiance.
Bonne année à tous !
le 27 décembre 2012
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A l'orée du bois, parmi les feuilles déjà tombées ou marcescentes, épines aciculées, aiguilles caduques ou lentement renouvelées... à l'orée aussi d'une année 2013 toujours plus proche... belle sans doute... inhabituelle... essentielle...
le 24 décembre 2012
En cette veille de Noël, restons dans du "lourd", du "signifiant", bien que cette façon de dire pourrait laisser entendre que le drôle et le léger ne sont forcémment qu'insignifiant... ce qui bien sûr est tout sauf exact...
Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique de Bose répondait, à mon goût avec une belle humilité, dans un article déjà cité dans ce blog, à la question "Quel conseil donnez-vous à une personne éloignée, curieuse de découvrir le sens profond du christianisme ?":
"Soyons attentifs à la grammaire humaine qu'il est possible de trouver entre chrétiens et non-chrétiens. C'est une grammaire partagée, sur laquelle nous pouvons construire une relation. Je dirais alors: Lisez l'évangile. Rien d'autre. Avant même d'écouter l'Église, de voir les chrétiens, lisez l'évangile. Une connaissance de l'homme Jésus peut ouvrir des itinéraires, en tout cas d'humanisation. Elle peut rendre possibles aussi des chemins de foi, si Dieu le veut et si quelqu'un le désire. N'imposons jamais, évitons même de proposer. La proposition vient de la vie que nous menons, pas des mots que nous pouvons dire."
le 23 décembre 2012
"Il est vrai qu'Armel Guerne, écrivain et poète de son état, avait sa conception à lui de la traduction. A ses yeux le mot "traduction" paraissait d'ailleurs bien timide pour rendre compte de cet acte de violence qui consiste à donner à un texte, dans une langue d'emprunt, une nouvelle patrie. (...)Le mot est une entité unique, magique si l'on veut, qu'on ne saurait se contenter de transposer sous la forme d'un autre mot réputé analogue-mais qui n'est pas lui. Parlant des mots, il disait: "C'est par leur liberté, uniquement, qu'ils sont des membres de la nature, et c'est par leur libre mouvement que s'exprime l'âme du monde, faisant d'eux une mesure délicate et un dessin des choses.""
Illustration de ces propos de l'éditeur du Moby dick d'Herman Melville, dans la "traduction" de Guerne:
"J'étais en quelque sorte le serviteur, ou plutôt le page de Quiqueg dans notre ouvrage de nattiers. Tandis que je passais et repassais le lusin de trame entre les longs filins de la chaîne, ma propre main me servant de navette, Quiqueg, lui, glissait de moment en moment sa lourde épée de chêne entre les fils tout en regardant paresseusement la mer, et dans un geste distrait, automatique, logeait chaque lé à sa place. Un si étrange engourdissement, une si étrange somnolence s'étaient alors répandus sur le navire et sur la mer, ponctués seulement par le battement étouffé de la pesante épée, que j'avais l'impression que c'était le battement même du métier du Temps, et que j'étais moi-même la navette que se passaient et repassaient mécaniquement les Parques. Là étaient les fils tendus de la chaîne, émus seulement d'une unique, incessante et toujours identiquement et recommençante vibration, qui suffisait pour permettre l'entrecroisement de la trame qui se confondait alors avec eux. Ces fils tendus m'apparaissaient comme la fatalité du Destin; et me voici, pensais-je, glissant de ma propre main la navette de ma vie entre ces fils inaliénables, tissant ainsi mon propre destin dans l'immuable. Et en même temps l'épée indifférente de Quiequeg, avec ses coups bien droits ou de travers, tantôt puissants et tantôt faibles, tombait ainsi selon son humeur, modifiant et conditionnant par ces différences l'aspect final de tout l'ouvrage; cette épée du sauvage, pensais-je, qui décide finalement de l'aspect définitif et de la qualité tout ensemble de la chaîne et de la trame, cette épée indifférente et aisée, ce ne peut qu'être le Hasard. Oui: hasard, libre arbitre et fatalité-qui ne sont nullement incompatibles-, les voilà tous qui s'entremêlent et travaillant ensemble, confectionnant l'ouvrage. Les raides chaînes de la fatalité que rien ne peut détourner de leur cours, encore que chaque vibration s'y essaie; le Libre Arbitre, libre toujours de jeter ou non sa navette entre les fils donnés; et le Hasard, qui est pourtant limité dans son jeu aux strictes et rigoureuses lignes déjà tendues de la fatalité, dirigé latéralement dans ses mouvements par le Libre Arbitre, ce Hasard qui est modulé, commandé par l'un et l'autre, mais qui n'en finit pas moins par les conditionner tous deux et décider, par son "coup", de l'ultime façon des événements..."
le 18 décembre 2012
Alors que vient d'être décerné le grand prix 2012 du maire de Champignac à Patrick Stoudmann, juge, pour l'envolée, assez relevée il faut le dire, ci-après:
«Or l'article de M. Nordmann ne prétend pas qu'il faut coucher pour obtenir une patente de restaurateur, mais laisse entendre qu'il est utile d'être introduit»,
on n'oubliera pas à l'aube proche d'une année nouvelle et (très) certainement fructueuse, celle de Christian Constantin qui, le 29 mai 2007 s'exprimait ainsi:
"L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur !"
le 16 décembre 2012
"Dans l'air du temps flotte je ne sais quelle envie de disqualifier la conviction trop ferme, l'opinion trop affirmée, l'engagement (politique ou autre) trop résolu. Faisant cela, on désigne implicitement ces derniers comme les sources calamiteuses de la violence et de l'intolérance. Ainsi le bavardage de l'époque se résume-t-il parfois de la sorte: s'il y a moins de croyances et moins de valeurs, il y aura moins de violence; s'il y a moins de convictions, il y aura moins d'afflictions. Le relativisme, le désenchantement, l'indifférence seraient devenus le gage d'un monde pacifié. Il nous faut comprendre la profonde, l'incommensurable sottise de ce lieu commun. La violence, au contraire, est le produit des désirs sans frein, de l'avidité sans limites, de la manipulation sans règles, c'est-à-dire d'un affaiblissement des croyances partagées."
Vous l'aurez constaté, je lis (ou relis) ces temps avec plaisir Jean-Claude Guillebaud, l'auteur de cet extrait du "Principe d'humanité". En ce troisième dimanche de l'Avent, une bonne source de réfléxion assurément.
le 15 décembre 2012
Des deux Clos Saint-Jacques de Sylvie Esmonin, à Gevrey-Chambertin, récemment bues, il était intéressant de comparer les mérites des deux millésimes en question, en l'occurrence 2002 et 2005.
Sans surprise le premier était un peu plus évolué, mais avec une réserve encore impressionnante, sur des notes profondes de réglisse.
Le 2005 se présente à l'aube de sa carrière, dans un registre aromatique assez similaire au précédant mais plus complet encore. Une trame d'une densité spectaculaire, riche et élégante, comme respirant une détachée et tranquille assurance.
le 10 décembre 2012
Restons dans "La Liberté", de ce jour:
""Une musique qui a de l'âme et des couilles", comme entendu dans la salle. Une description qui convient bien à Franz Treichler: "C'est vrai, nous fabriquons une musique de barjos, à mille lieues des standards. Nous mélangeons fragilité, introspection, muscle et adrénaline. Je suis ravi que cela plaise à d'autre qu'à nous", confie, visiblement très ému, le chanteur à l'issue du concert".
A propos du concert, samedi soir, des Young Gods, reprenant à Fri-Son leurs deux premiers albums, de la fin des années quatre-vingt. Géant, et pas une ride !
le 8 décembre 2012
""J'ai été sensible à ceux que j'ai rencontré, que ce soit Luigi le berger ou le balayeur de rue ou même la personne du kiosque à journaux où je ne parle de rien d'essentiel, mais où j'achète une branche de chocolat et puis cela fait un franc et vingt centimes et quand je donne les vingt, elle me les redonne en cadeau", raconte Marcel Imsand. Voilà pourquoi les deux frères, retranchés dans leur campagne et prisonniers du XIXème siècle, l'ont accepté, lui offrant leur intimité jusqu'aux larmes de la séparation. "La connivence c'est un rapport de transparence entre les êtres. Quand tu rencontres une personne, pour moi la chose essentielle qui m'a été donnée par Dieu, c'est la connivence qu'il m'arrive d'avoir avec elle sans la connaître." (...)
Marcel Imsand est un photographe de l'imprégnation: il ne vole rien puisque tout lui est donné. "Les gens que j'ai photographiés, je les ai aimés et ils m'ont aimé. Les frères, j'ai été le troisième frère", a-t-il confié au journaliste Bertil Galland en 1998 (dans le film Plans-Fixes). Et il ajouta: "Je ne suis pas un photographe, je suis un homme sur la Terre, parmi d'autres hommes.""
Extrait d'un très bel article de Jean Amman dans la Liberté du 7 décembre, à propos de l'exposition de Marcel Imsand à la fondation Gianadda
le 2 décembre 2012
Je rappelle que je prépare (et livre) avec plaisir toutes sortes de commandes imaginables.
Une bouteille isolée, un carton de trois, six bouteilles différentes, douze bouteilles deux par deux... que sais-je !
Tout est possible.
le 1er décembre 2012
La vie secrète (et surprenante) de nos amies les bêtes (19)
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le 30 novembre 2012
Dans la presse spécialisée, on a pu lire: "Pour les crus 2011 du Beaujolais, on peut déjà presque annoncer un petit chef-d'oeuvre."
Pour avoir goûté récemment les Brouilly, Morgon et autre Chénas du millésime 2011 de Dominique Piron, je serai prêt à partager ce jugement. A vérifier par vous-même très prochainement, puisque ces vins sont arrivés cette semaine avec ma dernière importation, en compagnie d'autres très belles réussites du Domaine Chevrot.
Tout soudain à votre disposition sur mon prix courant...
le 27 novembre 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (18)
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le 26 novembre 2012
La vie (très) secrète de nos amies les bêtes (17)
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le 25 novembre 2012
Attention, événement musical: Les Young Gods, "the swiss electro-noise terrorists", qui n'ont à mon goût jamais été aussi bon que dans leurs premiers albums, les rejoueront justement à Fri-Son, Fribourg, le 8 décembre.
Dans la douceur en l'occurrence, un extrait du remarquable "The Young Gods play Kurt Weill". September song, composée en 1938 sur des paroles de Maxwell Anderson.
le 24 novembre 2012
Amis de la nature, vous cherchez un cadeau à offrir à votre petit neveu, écolo, ludique, sympa, hilarant et rigoureusement instructif (le cadeau donc), optez pour un abonnement à la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers (paraît-il).
le 19 novembre 2012
Ne manquez pas "Hiver Nomade", documentaire certainement, mais surtout grand moment de cinéma. A suivre les moutons et le berger dans sa transhumance.
Et la bergère.
Mesdames ! Si d'aventure vous vous promenez du côté de l'alpage de la Vare et que le berger, dans ses quartiers d'été, vous offre même ostensiblement un verre, n'en prenez pas ombrage. Bien au contraire.
le 17 novembre 2012
En montagne cette semaine, pour qui a la chance de s'y balader ou, comme c'est mon cas, d'y travailler, ces journées d'arrière automne sont tout simplement somptueuses.
La lente course du soleil ponctue à peine le parcours immobile des heures, dans un ciel immuablement bleu.
Mais le soir venu, dans la nuit déjà tombée, il est temps de déboucher l'une ou l'autre bouteille, de vivre une convivialité nécessaire. Vous me direz que celle-ci ne nécessite pas forcémment l'autre... Certes ! Mais pourquoi ne pas joindre l'agréable à l'indispensable ?!
Et savez-vous qu'à partir de ce jour, et pour quelques temps, l'Altitude 450, le Ventoux de la cave de Bedoin et le Maranges Sur le Chêne 2008 du Domaine Chevrot sont en action:
10 % dès 12 bouteilles, et 15 % dès 24 bouteilles.
Qu'on se le dise !!!
le 13 novembre 2012
Si d'aventure vous voilà à Beaune, Bourgogne, ce troisième dimanche de novembre peut-être, traditionnel jour de la vente des vins des Hospices de la ville, ou à tout autre moment, ne manquez pas, à l'heure de l'apéro ou d'une fin de soirée de goûter aux vins et à l'ambiance du bar le Square, 26 boulevard Maréchal Foch.
Branché et détendu, plutôt jeune et, les deux fois où je m'y suis trouvé, plutôt féminin d'ailleurs, c'est l'endroit sympa à ne pas manquer dans cette capitale de la Côte d'Or.
le 11 novembre 2012
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Pour y déguster de fort belles choses, à tous les prix, mais surtout les plus avantageux...
Vous en aurez bientôt des nouvelles sur ce site, avec des actions, des propositions alléchantes...
le 4 novembre 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (16)
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le 28 octobre 2012
Si vous vous lancez dans les Études de Debussy, restez calme après le premier cahier ! Vous avez à faire là à une matière assez austère... Le deuxième cahier est lui plus accueillant. Mais je crois qu'on l'apprécierai moins sans cette espèce de traversée du désert des six premières Études.
On peut grossièrement et par commodité intellectuelle diviser la vie de Debussy en trois périodes créatrices. Une première assez post-romantique (la première Arabesque, le Prélude à l'après-midi d'un faune). Pour la suivante on pourrait utiliser le terme d'impressionnisme qui a été pourtant plutôt abusivement donné à l'ensemble de son oeuvre (c'est l'époque de la Mer, des Images pour piano), et pour finir une dernière période, qui a grand ouverte les portes de la musique des cinquante années suivantes (les Jeux pour orchestre, les dernières sonates, dont la mystérieuse sonate pour harpe, flûte et alto, et les Études).
On est passé, au propre comme au figuré, du dix-neuvième siècle au vingtième. Et, outre leur modernité musicale, ces Études sont les fruits d'une délicatesse charnelle, d'une décantation sensible et sonore qui demandent à être amadoués.
Tentez et/ou retentez votre attention... le jeu en vaut la chandelle.
le 27 octobre 2012
Alors que cette nuit nous changeons d'heure, une question assez psychanalytique me taraude.
Si, dans l'heure qui sera redoublée je fais une première fois un rêve, puis, une heure plus tard, et donc toujours à la même heure, je refais le même rêve, y aura-t-il redondance ou accroissement de sens !?
le 26 octobre 2012
Si vous réfléchissez déjà à quelque cadeau de Noël, autre cela va sans dire qu'un panel d'excellents bourgognes chez le caviste de votre choix, ici par exemple, intéressez-vous à la formidable interprétation que donnait en 2003 au festival de Lucerne l'orchestre du festival sous la direction de Claudio Abbado.
Une Mer de Debussy absolument renversante, couplée en DVD avec le martyre de St-Sébastien du même auteur et en CD (double) avec la deuxième symphonie de Gustav Gross Malheur (ni concis, ni riant, mais il paraît qu'il y a des adeptes).
Et à propos et si par hasard, mais je ne peux y croire, vous ne connaissez pas les Etudes (pour piano) dudit Debussy, courrez séance tenante vous procurer par exemple la version de Mitsuko Uchida (chez Philips).
Le sommet de l'épure sonore, de la poésie nue.
le 25 octobre 2012
A propos de liquoreux, mon souvenir le plus persistant d'une bouteille bue, bien que je sois incapable avec le temps (c'était il y a quelques années), d'en faire une description détaillée, remonte au Vouvray Le Haut Lieu 1947 du célèbre domaine Huet. Très particulier et terriblement bon...
le 21 octobre 2012
J'ai eu dans ce blog l'occasion de détailler mes choix en matière de vins, de domaines. L'envie de rechercher du déjà très bon, mais avec au présent ou au futur proche un changement de génération, un passage à une culture biologique ou biodynamique par exemple. L'un ou l'autre ou plusieurs paramètres qui permettent de penser que les vins de très bons vont passer à excellents. Et puis bien sûr aussi et surtout une réelle affinité avec les hommes et les femmes.
Des domaines qui offrent ainsi souvent des prix au plus juste d'une qualité et d'une notoriété naissante ou qui se confirme, d'un rapport prix-plaisir particulièrement attractif.
Et j'ai le plaisir régulièrement de les voir apparaître dans les guides spécialisés, que je consulte de loin en loin. (je ne les achète plus... je me contente de les parcourir en librairie !)
Ainsi en est-il du Domaine Chevrot, qui a fait son entrée dans le guide vert, ex Bettane et Desseauve, et qu'on trouve également d'ailleurs dans d'autres opuscules.
Bravo à eux !
le 19 octobre 2012
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le 18 octobre 2012
Je suis heureux de constater le succès qui ne se dément pas pour les Beaujolais de Dominique Piron.
Après le Morgon, le Brouilly est lui aussi bientôt en rupture de stock et il ne me reste plus guère de Morgon Côte du Py... Profitez pendant qu'il en est encore temps !
Mais rassurez-vous néanmoins, je continuerai à importer ce remarquable domaine à l'avenir, ce d'autant plus que les millésimes qui suivent l'excellentissime 2009 se présentent également très bien.
le 16 octobre 2012
Château Sociando-Mallet 1990 ou 1982, Haut-Brion 1978, Ducru-Beaucaillou 1961, Mouton-Rotschild 1990, il fût un temps où les grands Bordeaux, même les vieux millésimes (et ces vins-là dans mes souvenirs parmi tant d'autres), se vendaient à des prix en rapport avec leur contenu. Depuis bien des années maintenant, plus particulièrement depuis les primeurs du millésime 1997, les grands domaines naviguent à vue et en pleine indécence. Hélas !
Assurément il reste beaucoup de très bonnes choses sur Bordeaux à des prix raisonnables. Même parmi les plus grands d'ailleurs, mais du côté des liquoreux, en tout cas il n'y a pas si longtemps.
C'est ce que je me dis, en sirotant à cette heure Château Coutet 2001: splendide.
le 14 octobre 2012
"La vie savez-vous n'est pas longue
Et à faire les choses à moitié
On la traverse à peine et on
Voit qu'on est passé à côté.
Auriez-vous bien voulu vouloir
Ou avez-vous vraiment voulu ?
N'avez-vous rien voulu savoir
Ou n'avez-vous vraiment rien su ?
Avez-vous cru devoir pouvoir
Et n'avez-vous vraiment rien pu ?
Vous avez bien cru vous y voir
Mais on vous avez a bouffé tout cru.
La vie savez-vous n'est pas longue..."
Chantent Le Bel Hubert, Simon Gerber et Sarclo, l'auteur de cette chanson, dans "Quinzaine du blanc chez les 3 suisses". Un bien chouette disque, à rire et à pleurer, et deux trois autres choses encore.
le 7 octobre 2012
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le 27 septembre 2012
"Les sens sont une matière à faire du sens, sur le fond inépuisable d'un monde qui ne cesse de s'écouler, ils font des concrétions qui le rendent intelligible." écrit D. Le Breton dans "La Saveur du Monde". Un extrait de ce livre, qui figure depuis toujours sur ce site à la page "Deux mots".
Personnellement résolument adepte de l'incarnation sous toutes ses formes, j'aime les horizons toujours renouvelés de mes balades en montagne, l'émotion discrète et profonde de tel ou tel concerto de Mozart, les dimanches matin de pluie où l'on est si bien de rester au lit avec son amoureuse, les parfums secrets et profonds, le velouté d'un bourgogne de belle provenance...
le 25 septembre 2012
Si vous avez 26 minutes et 52 secondes à disposition, prenez-les pour suivre le "Passe-moi les jumelles" en lien ci-dessous. Il y est beaucoup question de fissures, avec Didier Berthod, célèbre grimpeur reconverti, ou converti à d'autres horizons. Un très beau moment.
le 24 septembre 2012
Vos agendas sont-il à jour !? Ce samedi 29 septembre, dégustation à Salins /Ollon. Le flyer avec tout les détails à la rubrique "Actualité"
le 22 septembre 2012
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le 21 septembre 2012
Lu aujourd'hui à la devanture d'un kiosque, ce titre d'un journal nommé "Philosophie Magazine":
"Comment être (un peu) plus libre ? Tout est permis, pourtant l'obéissance est partout. Peut-on échapper aux pièges subtils de l'aliénation, et devenir pleinement l'auteur de ses actes ?"
...
le 19 septembre 2012
A l'heure où les fondamentalistes et les boutefeux rivalisent de stupidité, il peut sembler nécessaire de rappeler que la religion sait être aussi autre chose...
Loin des caricatures de l'intégrisme, qu'il soit religieux ou laïque d'ailleurs.
J'aimerai me permettre ceci:
On a beau jeu, dans la religion, de railler le dogme*. Sans doute est-il souvent peu "rationnel", ambigu tout au moins, peut-être même inconcevable, incroyable voir incompréhensible. Mais comment pourrait-il en être autrement, la Vie se résume-t-elle à un ensemble de recettes, à une démonstration logique, à un système philosophique, aussi complexe soit-il ?
Le dogme est une borne, un repère, qui permet de se situer. On peut se l'approprier, s'en détacher, le fustiger, le questionner surtout. Le dogme est avant tout la possibilité d'un dialogue, en premier lieu avec soi-même. Il pousse à la réflexion, aux doutes. Il offre des questions, pour certaines à jamais sans réponse... et donc toujours d'actualité.
Combien d'entre nous s'imaginent libres de penser comme ils le souhaitent, libres de créer leur propre philosophie, leur propre spiritualité (un syncrétisme probablement); libres de mener leur vie comme ils l'entendent ? Libres aussi de se croire maître d'eux-même ou au contraire jouet d'un destin inamovible.
Et c'est vrai d'ailleurs, nous sommes libres. Mais sommes-nous si libres que cela, sans que personne pourtant ne nous l'empêche, de penser au-delà de ce dont nous nous croyons capable, d'imaginer une vie au-delà de qui nous sommes et bien souvent, plus exactement, de qui nous croyons être ?
Sans plus de dialogue avec ce dogme qui nous dépasse, nous poussant toujours plus loin, combien d'entre nous ne font que s'enfermer dans les limites de leur propre personnalité ? Et se croyant libres, se recroquevillent d'autant plus sûrement en eux-même: Y a-t-il meilleure prison que celle dans laquelle on ne croit pas être ?
* J'entends par là avant tout les enseignements des Évangiles.
le 17 septembre 2012
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le 15 septembre 2012
Si vous êtes un tant soit peu (ou beaucoup) amateur d'opéra et que, peut-être, vous ne connaissez pas "La Petite Renarde Rusée" de Leos Janacek, empressez-vous de découvrir ce vrai chef d'oeuvre.
Une musique un peu moderne, pour du "classique" s'entend ! (première représentation en 1924) mais très accessible. Et une histoire débordante de vie et de tendresse. A ne pas manquer!
Un extrait du sublime duo d'amour, hélas coupé au mauvais moment... Aussi bien au début qu'à la fin d'ailleurs. Mais de quoi se faire une idée. Sauf erreur une production de l'opéra Bastille, reprenant celle de l'opéra de Lyon.
Si l'envie de vous acheter une version vous titille, préférez la absolument dans la langue d'origine (tchèque). Sir Charles Mackerras avec le Philharmonique de Vienne ou Vaclav Neumann avec la Philharmonie tchèque par exemple.
A noter que la scène finale de La Petite Renarde rusée a été jouée lors des funérailles de Janacek, conformément à sa volonté.
le 11 septembre 2012
La vision, forcémment subjective, d'un participant au Burning Man, dont il était question le 25 août.
le 9 septembre 2012
Je précise qu'il n'y a bien sûr aucune obligation d'achat lors de cette dégustation du 29 septembre. Venez tranquillement découvrir ces vins, vous faire votre propre opinion et, j'espère, restez également pour le souper, en toute simplicité.
le flyer ! |
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le 6 septembre 2012
En période de vendanges, le vin des années précédentes se goûtent mal, me disait un jour un vigneron: le "vieux" vin est jaloux du vin nouveau...
Je ne sais s'il y a du vrai là-dedans mais que cela ne vous empêche pas de venir ce samedi 29 septembre à la maison de Salins !
le 1er septembre 2012
"J'aimerais trouver les mots, le ton, la force afin de dire pourquoi m'afflige décidément la désespérance contemporaine. Elle est un gaz toxique que nous respirons chaque jour.() Elle est amplifiée, mécaniquement colportée par le barnum médiatique. Par définition, le flux médiatique est un discours attristé, voir alarmé. Ors la réalité n'est jamais aussi sombre. Elle est faite d'ombres et de lumières.()
Cette culture de l'inespoir-avec ses poses et ses chichis-me semblent aussi dangereuse que les idéologies volontaristes d'autrefois. Elle désigne le présent comme un répit, et l'avenir comme une menace.()
J'aimerais trouver les mots pour parler autrement... J'y pense chaque matin, à l'aube, quand je vois rosir le ciel au-dessus des toits de Paris ou monter la lumière derrière la forêt de la Braconne, chez moi, en Charente. L'espérance a beaucoup à voir avec le petit matin. L'idée d'un commencement, d'une remise en route, d'une infatigable renaissance.()
Trouver les mots pour parler simplement d'espérance, cela implique-d'abord!-de refuser la niaiserie.() C'est montrer que ni l'optimisme ni l'espérance n'équivalent à une sotte crédulité. Quant à sa jumelle inversée, la désespérance, fût-elle talentueuse, elle n'est pas toujours aussi lucide qu'elle le prétend. Pour dire la vérité elle l'est rarement et succombe le plus souvent à la futilité. () Et où conduit-elle ? Je garde en tête un vers de Goethe: "Le pessimiste se condamne à être spectateur."
Quant au culte sentencieux du "réalisme", je me rappelle ce que Bernanos en disait dans le prologue de Sous le soleil de Satan (1926): "Le réalisme, c'est la bonne conscience des salauds.""
Extraits du début du dernier livre de Jean-Claude Guillebaud, sorti ces jours (chez l'Iconoclaste)
le 31 août 2012
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le 29 août 2012
Plus une nouveauté, un peu prématuré pour parler de tradition, c'est avec, néanmoins, bien sûr, un immense plaisir que je vous propose la deuxième dégustation de La Saveur du Monde.
Elle aura lieu le samedi 29 septembre 2012, dès 15 heures, à la maison de Salins, proche de Panex/Ollon.
Vous trouverez ci-dessous (en format PDF) tous les renseignements nécessaires, que vous pouvez télécharger, imprimer et distribuer largement autour de vous... si le coeur vous en dit. Merci !
En espérant vous voir nombreux à cette occasion !
Le flyer |
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le 27 août 2012
Il est temps de parler vins !
Amateurs, amatrices de vins suisses, ce week-end du 31 août et 1er septembre a lieu Vinéa, à Sierre. Vendredi et samedi (nouveaux horaires) de 11h à 19h.
Une bonne occasion de goûter bon nombre de producteurs valaisans, dont une bonne partie des ténors, dans une ambiance sympathique et décontractée.
Mon conseil: venez dès l'ouverture plutôt qu'en fin de journée...
le 25 août 2012
Depuis une vingtaine d'années se tient à fin août dans le désert de Black Rock, au Nevada, un festival (quoique ce nom ne correspond pas vraiment à l'idée de ce raout) nommé Burning Man.
Sorte de grand rassemblement où chacun est à la fois acteur et spectateur de délires artistiques en tout genres. Sans doute un peu post-soixante-huitard, très probablement dépassé par son succès (près de 50'000 personnes ces dernières années, mais assurément bien déjanté et d'une sans doute enthousiasmante liberté de ton.
Un site qui se trouve en lien sur Wikipédia, où vous trouverez d'autres renseignements, si affinités...
le 20 août 2012
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le 18 août 2012
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le 17 août 2012
Avant la rentrée de l'actualité du vin, l'une ou l'autre digression, comme d'habitude, aujourd'hui sur la musique encore.
J'écrivais il y a quelques temps quelques mots sur l'op. 17 de Schumann, à propos de la paix de son troisième mouvement. Voici ce que dit Alfred Einstein à propos du deuxième mouvement, Andante, de la sonate pour violon et piano en la majeur de Mozart, (K. 526) :
"Ce mouvement lent réalise un tel équilibre de l'âme et de l'art, qu'on dirait que Dieu le Père a fait cesser tout mouvement pour une minute d'éternité, afin de permettre à tous les Justes de goûter l'âpre douceur de l'existence."
Juste, je ne me considère pas; mais je souscris parfaitement à cette opinion !
le 15 août 2012
"Impose ta chance,
Serre ton bonheur
Et va vers ton risque.
A te regarder,
ils s'habitueront.
Ces quelques vers de René Char en exergue sur le disque "Les choses premières" de Pierre Lautomne. Un chouette chanteur (romand) dont un récent article de "La Liberté" vantait les mérites.
le 12 août 2012
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L'alpage des Planards, dans la combe du même nom, le Grand Combin là-bas au fond. Un été à se balader, à imaginer l'avenir, à laisser décanter la vie des jours.
Et vous !?
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le 25 juin 2012
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le 21 juin 2012
"Une année, mon ami Philippe Patay repère à Ouessant deux bergeronnettes grises. Il déchiffre leurs bagues. Elles habitent l'Islande. Dès qu'elles ont repris leur souffle, elles décollent et elles vont vers le Sénégal. Au début du printemps, elles laissent l'Afrique et reviennent dans leur île.
Il connait l'adresse des deux bergeronnettes, et il gagne la grande île. Il sait qu'au nord-est se trouve le campement des oiseaux migrateurs, le lac Myvatn. Il y court.
Quels migrateurs un peu raisonnables ne convoiteraient pareille résidence ? Tout a été calculé pour leur confort: les calmes et les voilages du Grand Nord, les caresses du ciel et ses enragements, les amusements de la lumière et le jour à n'en plus finir et le jour comme une éternité, les montagnes de satin, de bure, de suie.
Dans un pareil décor les oiseaux sont confiants, eux qui pensent tout le temps à leur progéniture. Ils se disent que les poussins, quand ils casseront leurs coquilles, à la fin du printemps, ouvriront les yeux dans la beauté des choses et qu'ils penseront que la vie est une bonne amie."
Extraits de "Besoin de mirages", Gilles Lapouge, chez Points
le 20 juin 2012
Je constate avec plaisir que mes efforts visant à promouvoir les beaujolais de Dominique Piron portent leurs fruits. Deux cuvées sont d'ailleurs bientôt épuisées. Profitez-en pendant qu'il en est encore temps !
Et ce n'est que justice pour ces vins, profonds et désaltérants, et à des prix défiants toutes concurrences.
le 16 juin 2012
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le 13 juin 2012
La vie secrète (et parfois mouvementée) de nos amies les bêtes (15)
le 12 juin 2012
Dans le glossaire de son livre "Millésimes en Bourgogne 1846-2006", Jacky Rigaux dit à propos de la souplesse:
"La consistance d'un vin de terroir doit toujours se révéler avec souplesse en entrant en bouche. La sensation d'astringence, naturelle dans les vins rouges jeunes, ne doit s'imposer que dans un deuxième temps."
Puis il cite le Larousse qui décrit la souplesse comme la "flexibilité de la consistance".
Belle définition...
le 3 juin 2012
Sous la Croix de l'Achia c'est un mur de neige de près de cinq mètres, déposé là, sous le vent, par cet hiver enneigé, qui barre partiellement l'accès au col.
En-dessous le joliment nommé Étang de trente pas (des pas de géant !) se devine sous sa banquise dont la débâcle se fait attendre.
Mais, sous le généreux soleil de juin, ainsi fond, fond, fond le manteau blanc de l'hiver, doucement mais sûrement.
le 31 mai 2012
...
Belle ô mon beau mystère
Heureuse ô ma chasseresse à la panoplie ornée
de branches et de lumière
entends venir l'ondée comme un baiser longtemps voulu
ô belle comme un dimanche d'amoureux !
Des oiseaux de feu ont des ailes prises
à ton grand vertige
ô miroir où flamboie ton visage de chansons
et de pluie !
Des cloches de verre roulent sur les toits chantant
à tue-tête
ô musique où fleurit l'amour à la poussée des coeurs !
...
René Philoctète, "Poèmes des îles qui marchent" chez Actes Sud
le 26 mai 2012
Le 9ème concerto pour piano de Mozart, dit "Jeunehomme" ou Jenomy", du nom de sa destinataire, relève un peu d'une création ex nihilo. Ceux qui précèdent sont soit des transcriptions, soit de vrais concertos (il y en a trois) mais qui reste dans les limites de ce qu'on a appelé le style galant: c'est bien joli mais ça ne va pas beaucoup plus loin.
A vingt et un ans, Mozart écrit donc ce concerto en mi bémol KV 271, une oeuvre hautement dramatique, très personnel, animée d'une volonté expressive profonde et ambitieuse.
J'ai toujours aimé, dans le disque que Brigitte Meyer, Iona Brown et le remarquable orchestre de chambre de Norvège ont consacré à Mozart (références au 20 mai 2010), le rapprochement entre ce concerto et le 23ème en la KV 488. Si le premier cherche oserais-je dire à prouver la profondeur de son inspiration, à affirmer ses velléités expressives, le second n'en ressent plus le besoin. Est-il moins dramatique, peut-être, extérieurement en tout cas, moins expressif, certainement pas, moins "profond", nullement.
Voilà une musique qui coule de source en quelque sorte, qui semble s'exprimer au-delà de tout volontarisme, qui emprunte des chemins d'un naturel confondant. Écoutez la fin du deuxième mouvement: Je me demande bien ce qu'il serait possible de dire de plus avec si peu de notes.
Et dans l'allegro qui suit, c'est toute la vie qui bat...
le 22 mai 2012
Sans chercher à l'y cantonner, je rappelle à quel point "nos" chasselas sont des apéritifs idéaux. Expérience réitérée il y a quelques jours autour d'un Fendant 2010 d'Anne-Catherine et Denis Mercier. Une petite merveille de sapidité, de caractère, de légèreté sans superficialité.
le 19 mai 2012
Pour ce qui est des balades, ce printemps nécessite des qualités de slalomeurs. Entre la neige qui joue les prolongations, les averses qui font des heures sup., les éclaircies à temps partielles. Il faut connaître un peu, prévoir la moindre et croire en sa chance.
Jeudi, en matière d'Ascension, j'ai opté plus modestement, quoique elle fût assez longue, et en changeant de destination en cours de chemin, pour un alpage vaste et isolé, (largement) sous le sommet du Haut-de-Cry, au nom assez étonnant d'Itres du Bouis. Peu avant, en sortant de la forêt aux mayens d'Einzon c'est, par un petit vent frais, Derborence à gauche et les valaisannes tout droit, plutôt noir-blanc, mais en grand écran. Et pas un nuage.
Ce matin le beau temps n'a menacé guère longtemps... Il n'y a que mes idées qui sont restées au sec. Et sous mon capuchon j'ai gardé l'oeil ouvert; bien m'en a pris, car il s'en est fallu de peu que j'écrasasse deux tritons, bras dessus, bras dessous. Bras dessus, bras dessous, l'expression est faible... Et au beau milieu du chemin !
A quelles gammes se vouaient ces drôles ? Cela paraissait ma foi plutôt tendre. Mais allez savoir !? Et d'ailleurs était-ce un couple hétéro, deux mâles, deux femelles ? Bah, je crois avoir les idées larges. Et j'étais de toute manière bien incapable de répondre à cette question: en matière de tritons je ne connais pas la musique...
le 17 mai 2012
Parmi mon "fond de commerce" de mélomane je place sans hésitation la vingtaine de concertos pour piano de Mozart.
Qui ponctuent toute sa vie. A contrario les cinq pour violon sont des oeuvres de (relative) jeunesse, et tous les autres sont isolés (pour clarinette, les symphonies concertantes, etc) et/ou un peu plus anecdotiques, quoique ce terme soit assez déplacé à propos de Mozart... (pour cor, basson, hautbois, etc).
C'est une écoute passionnante que de suivre leur évolution au fil des années. Je me permettrai d'y revenir (en toute subjectivité !).
J'y trouve au plus haut degré cette alchimie si bouleversante entre l'acuité sans concession du regard et une tendresse qui parait infinie envers le genre humain.
le 12 mai 2012
Il y a quelques années de ça, Julien Perrot, dans son excellent mensuel "La Salamandre", proposait à chacun d'élire une balade, proche et pas trop longue, à parcourir régulièrement. Pour regarder le passage des saisons, être sensible à un paysage connu et reconnu mais toujours changeant, toujours renouvelé.
Je ne sais plus si c'est suite à cette proposition, mais une bonne dizaine de fois par année, je parcours en deux petites heures une boucle au-dessus de Torgon.
Une balade qui est un enchantement de bout en bout. Aux expositions variées, aux panoramas originaux et vastes, au calme, dans une nature finalement assez sauvage malgré la proximité de la civilisation.
Jeudi, dans les derniers rayons d'un soir de mai, c'était un écureuil dérangé dans sa quête de pives à grignoter, le torrent gros de la neige fondante, la délicate moirure d'une toile d'araignée luisante au soleil, agitée par quelques souffles à peine perceptibles.
le 9 mai 2012
Une vidéo qui refait parler d'elle pour les dons de "divination" de Coluche... Mais point besoin de cela pour apprécier !
le 6 mai 2012
Henri Jayer, célèbre vigneron de Vosne-Romanée, décédé en 2006 à 84 ans, prodiguait volontiers des conseils à ses collègues; conseils parfois non dénués d'humour...:
"Tu ne fais pas les vins pour les autres, tu les fais d'abord pour toi. Fais des vins que tu aimes. Si tu ne peux pas les vendre, tu les boiras !"
Et cet autre, à propos de la vinification: "Moins on fait, mieux on fait." Un collègue vigneron lui demande néanmoins comment faire mieux ?: "Tu t'achètes une chaise et tu regardes tes cuves; ça évite d'aller les tripoter."
le 2 mai 2012
"Je suis un narcisse de Saron, un lys des vallées.
Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles.
Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J'ai désiré m'asseoir à son ombre, et son fruit est doux à mon palais.
Il m'a fait entrer dans la maison du vin; et la bannière qu'il déploie sur moi, c'est l'amour."
Je ne crois pas plus au hasard qu'en une destinée implacable. Je crois aux chemins souvent souterrains, aux inconsciences dont on prend soudain la mesure, aux sentiers qui s'estompent puis resurgissent. Et aux harmonies subtiles, aux contrepoints mystérieux qui tissent secrètement nos existences.
Vous entendrez dans le poème de Maurice Chappaz ci-dessous ce qui fait écho à celui d'aujourd'hui. Lu par hasard hier matin, cité dans un livre de l'acteur Michael Lonsdale. Il y a des coïncidences plus spectaculaires que d'autres. Plus ou moins signifiantes, selon l'interprétation aussi que l'on veut bien y donner.
Celle-ci, qui peut sembler pourtant bien ténue, entre ce texte de Maurice Chappaz qui m'a accroché en feuilletant là-haut un recueil de poèmes, et celui d'aujourd'hui; cette coïncidence donc, oserais-je le dire, m'a ému aux larmes.
Je ne souhaite pas, dans ce blog, outrepassé une légitime pudeur. Certaines périodes de nos vies favorisent sans doute quelques débordements. Ainsi en est-il.
Il s'agit du début du deuxième chapitre du Cantique des cantiques, versets 1 à 4. Michael Lonsdale prolonge jusqu'à la fin du dixième verset. Cela me va bien.
La Forclaz, le 29 avril 2012
"Adieu chez nous
C'est l'aigre-doux
Adieu la mort
Adieu les gens
Le ciel cherche le monde absent.
Nos bouches sentaient l'absence et l'ondée
Mes souvenirs sont dans tes yeux
*
Ecoutez la pivoine est rouge
C'est l'été pas une âme ne bouge.
Regardez la neige est bleue
L'hiver sortant des tombes en feu.
Mes souvenirs flagellaient l'églantine
D'automne qui saigne à ta poitrine.
Je suis rongé par les pics-bois
Le grand printemps noir crie en moi.
*
La mer crie, la mort va
Son petit bonhomme de chemin de croix.
Le coq de l'au-delà
A chanté trois fois
Tu m'écriras avec des baisers.
Perdu mon sac à pain
Dans l'océan des sapins.
*
J'essuie les prunes. Mon tablier
Est tout semé de pruine
Comme le voile de Véronique
Taché par le Christ.
Je pense à lui
Et aux saintes femmes:
Les chardons garrotés d'épines
Font le désespoir des Lys.
A quel abîme en dedans de moi?
S'imprime la vie
Que j'ai cueillie."
Extraits glanés tranquillement dans "Le petit vin des tonneaux en bois", in "L'été très bleu" de Maurice Chappaz
Le 26 avril 2012
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Le 24 avril 2012
Dégusté et bu par la même occasion un remarquable vin rouge grec, Gaïa Estate 2005: amplitude aromatique, précision de la structure, volupté du fruit, boisé parfaitement intégré, longueur. Magnifique expression d'un cépage nommé Agiorgitiko. A découvrir.
Le 21 avril 2012
A propos des sentiments de culpabilité, culpabilités anciennes, fantasmes de culpabilité, etc, Albert Ciccone dit*:
"(elles) concernent toujours, en fin de compte, les mêmes choses, ce à quoi au bout du compte renvoie toujours la psychanalyse, c'est à dire la mort ou la sexualité (au sens large)."
C'est l'impression que la psychanalyse peut parfois donner oui; et il m'est bien difficile de croire, de penser que toute la géographie humaine ne se déploie qu'entre ces deux pôles...
* références du livre au 31 mars
Le 18 avril 2012
Peut-être l'aurez-vous remarqué, plusieurs cuvées de mon niveau prix courant ont vu leur prix baisser, ma dernière importation ayant profité du change favorable de l'euro. La saveur du monde, plus que jamais à des prix doux !
Le 15 avril 2012
En un dimanche pluvieux, par exemple, profitez de découvrir un match, un spectacle d'improvisation théâtrale, s'il s'en trouve un pas loin et si vous ne connaissez pas encore.
D'excellents moments souvent hilarants en perspective.
Le 14 avril 2012
"On doit échapper à l'alternative du dehors et du dedans: il faut être aux frontières. La critique, c'est l'analyse des limites et la réflexion sur elles."
Cette citation de Michel Foucault en exergue de "Le Principe d'Humanité" de Jean-Claude Guillebaud. Journaliste, brillant essayiste, inlassable penseur de notre monde moderne. (Grand prix européen de l'essai entre parenthèses, pour ce livre paru en 2001 au Seuil.)
En conférence hier soir à Crêt Bérard; intitulée "du nouveau déluge à l'incarnation". Ou comment en une heure passer de l'impossible recul face au trop plein d'informations en provenance du net à la glorification de la chair...
Un auteur à lire d'urgence.
Le 13 avril 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (14)
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Le 12 avril 2012
Toujours attentif à la fréquentation des diverses rubriques de ce site, j'en viens parfois à me demander s'il s'agit d'un site dédié à la vente de vins, accessoirement agrémenté d'un blog, ou d'un blog, accompagné de quelques bouteilles proposées à votre curiosité...
Mais je n'en conçois ceci dit aucune amertume ! Bien au contraire. Je "ravitaille" avec plaisir cette page-ci, y compris en sujets qui n'ont pas grand rapport avec le monde du vin. Quoique d'ailleurs...
Dans la convivialité douce, le partage animé, drôle ou plus sérieux d'un repas autour d'une bonne bouteille, n'est-il pas, justement, souvent question de tout ce qui, dans ce blog notamment, déborde du monde du vin. Ne négligez pas les nourritures terrestres, n'oubliez pas de fournir votre cave, vos soirées, de bouteilles qui sauront les révéler peut-être, les enchanter je l'espère bien !
Le 4 avril 2012
"L'amour plus fort que la mort, c'est cela la résurrection" dit Enzo Bianchi*, fondateur du monastère de Bose.
Quel sens cela peux-t-il avoir pour nous, après...? On verra ça !
Mais ici et maintenant n'est-ce pas aussi l'amour plus fort que la mort dans l'âme, presque sans jeu de mots. La vie plus forte que les torpeurs angoissées; plus forte que tout ce qui, dans nos vies, anesthésient, annihilent nos élans ?
* Dans un article bref mais assez décapant de "bonne nouvelle", mensuel de l'Église réformée vaudoise.
Le 2 avril 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (13)
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Le 1er avril 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (12)
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Le 31 mars 2012
"Nombre de patients se plaignent de se voir reproduire avec leurs enfants des attitudes de leurs propres parents dont ils ont souffert et qu'ils condamnent. Nombre de patients se plaignent de voir leurs enfants éprouver le même manque qu'ils ont connu eux-mêmes enfants, alors qu'ils ont tout fait, disent-ils, pour éviter à leurs enfants de vivre cette même expérience d'insatisfaction.(...)
L'un des premiers modèles que l'on peut dégager est celui selon lequel la répétition vient à la place du souvenir. Freud développe l'idée selon laquelle la répétition évite le souvenir. La répétition est la traduction en actes de ce qui a été oublié et refoulé et dont le sujet n'a aucun souvenir. Mais si la répétition évite le souvenir, elle est aussi une manière de se souvenir. C'est une modalité de souvenir. La répétition est donc aussi une commémoration."
"La transmission psychique inconsciente", Albert Ciccone, Chez Dunod
(Les passages en gras sont de l'auteur.)
Le 30 mars 2012
Ce Limonov dont il est question le 26 mars m'a fait ressortir mon disque (je n'en ai qu'un) de Vladimir Vissotski. Pour la beauté de la langue russe, la véhémence du ton, même un peu fatigante, la profondeur de l'incarnation. De la très belle musique.
Le 28 mars 2012
2009, grande année...un peu disparate... Millésime chaud, avec des rendements parfois excessifs, ou des déséquilibres entre les degrés alcooliques et la vraie maturité du fruit. Mais rien de tout cela bien sûr dans la nouvelle importation que je vous propose !
Des 2009 divers néanmoins, très en fruits, plus rapidement prêts à boire chez Vincent Prunier, plus structuré chez Jean-Pierre Maldant, dont je vous présente pour la première fois les vins (remarquables), ou dans le très réussi Santenay 1er cru Clos Rousseau du domaine Chevrot. Sans oublier les vins du domaine Saumaize-Michelin, qu'il n'est plus besoin de présenter.
Retrouvez tous ces vins sous "Les vins!", en cliquant au haut de cette page, un peu à gauche... ou juste en-dessous, dans le prix courant:
Bonne lecture !
Le 26 mars 2012
"Je veux parler de la façon dont chacun de nous s'accommode du fait évident que la vie est injuste et les hommes inégaux: plus ou moins beaux, plus ou moins doués, plus ou moins armés pour la lutte. Nietzsche, Limonov et cette instance en nous que j'appelle le fasciste disent d'une même voix: " C'est la réalité, c'est le monde tel qu'il est." Que dire d'autre ? Ce serait quoi, le contre-pied de cette évidence ?"
"On sait très bien ce que c'est, répond le fasciste; ça s'appelle le pieux mensonge, l'angélisme de gauche, le politiquement correct, et c'est plus répandu que la lucidité."
Moi, je dirais: le christianisme. L'idée que, dans le Royaume, qui n'est certainement pas l'au-delà mais la réalité de la réalité, le plus petit est le plus grand. Ou bien l'idée, formulée dans un sutra bouddhiste selon laquelle "l'homme qui se juge supérieur, inférieur ou même égal à un autre homme ne comprend pas la réalité".
(...) Je pense que cette idée est le sommet de la sagesse et qu'une vie ne suffit pas à s'en imprégner, à la digérer, à se l'incorporer, en sorte qu'elle cesse d'être une idée pour informer le regard et l'action en toutes circonstances. Faire ce livre, pour moi, est une façon bizarre d'y travailler."
"Limonov", Emmanuel Carrère, éditions P.O.L
Une "biographie" spectaculaire, crue, parfois plombante quoique souvent hilarante, sur un personnage, Limonov, qui pousse à se poser bien des questions.
Le 25 mars 2012
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Le 22 mars 2012
En attendant une plus ample publicité, sans doute quelques envolées lyriques dithyrambiques, vous pouvez déjà trouver sous "Les vins !", ainsi que dans mon "Prix courant" les nouvelles références de mon assortiment. Bonne découverte !
Le 21 mars 2012
Simon Rattle, lorsqu'il a quitté la direction de l'orchestre de Birmingham pour la philharmonie de Berlin a déclaré, je cite de mémoire:
" Je suis passé d'un Sancerre vif et fruité à un Meursault aux arômes de miel."
Voilà qui est bien joliment dit.
Le 16 mars 2012
Passant dans la plaine, entre Saint-Maurice et Martigny, il est difficile d'imaginer, dans ce grand versant raide entre Dents de Morcles et Sex Carro un alpage plat, discret d'ailleurs: Plex.
Pour l'atteindre, une route à la belle saison, mais guère de places pour stationner. Un ou deux chemins, dont le chemin de l'Echelle, qui grimpe sans grand détour... Une première demi-heure un brin astreignante puis, dans une très belle forêt, on louvoie entre les barres de rocher, les vieux pins, l'échelle (en fait un escalier raide), jusqu'à Plex.
Il est à peine concevable, de Collonges, alors que l'on se trouve dans la partie la plus encaissée de la vallée du Rhône, que la vue puisse porter de là-haut si loin. Le Léman d'un côté, le Mont-Blanc de l'autre...
L'alpage, parsemé de magnifiques mélèzes, forme vers l'aval comme une moraine qui protège des bruits de la plaine. Cette fin d'après-midi, seul le cri du pic rompait la solitude. Et le soleil s'est couché, juste derrière la Vierge de Gagnerie, projetant dans le ciel sa silhouette élancée.
Le 14 mars 2012
Ma nouvelle importation de Bourgogne est à bon port... Bientôt des nouvelles !
Le 13 mars 2012
Aaah, encore un petit mot pour Schumann. Essayez les quatuors 1 et 3, par le Zehetmair Quartet (chez ECM en 2003).
Haletant, fiévreux, servi par des interprètes sur la corde raide d'une vision sans concession, avec une prise de risques maximums, et à mon goût un ou deux dérapages d'ailleurs, mais qu'importe !
Le genre de musique qu'en son temps mes enfants, qui ont le sens de la formule, ont pu appeler du "hard-classique"...
Le 11 mars 2012
A propos de hier: non pas que je me sente moi-même toujours à l'unisson de cette paix dont il est question... Mais de là j'ai réussi, en quelque sorte a remonter le fil de cette musique, effectivement tortueuse à l'occasion mais si sensible, brûlante même parfois et attachante.
Le 10 mars 2012
"un ennui étouffant, écrasant, oppressant. Et la musique là-dessus, la musique malgré tout, à la fois assourdie et assourdissante, avec je ne sais quoi de lointain ou de brouillé, comme saturé de notes et de néant, trop pleine de vide, trop pleine de soi, et cherchant à masquer-plutôt qu'à dire ou surmonter-l'abîme atroce et morne..."
Impromptus, André Comte-Sponville chez Puf, à propos de la musique de Schumann
Je peux comprendre ce type de sentiment à propos de Schumann, j'ai pu partager cette sensation d'une musique lourdement signifiante, empêtrées par trop de choses.
Je crois que ma première vraie porte d'entrée dans ce monde fût le final de la Fantaisie op 17. Voici ce qu'en dit Harry Halbreich: "Après le désespoir tumultueux du premier mouvement, après l'ivresse de l'action virile du second, voici, enfin, au-delà de toute expression verbale, voici la Paix."
Le 7 mars 2012
Il s'agit de parler vin de temps en temps ! Dégustation:
Deux cuvées de Dominique Piron dégustées (et bues) ces derniers jours. Le Brouilly Combiaty 2009, ces gamays prennent encore de la profondeur, déjà patente au niveau de la robe, un vin de fruits mais ample et plein. Le Morgon 2009 est le quintette "la Truite" de Schubert, de la profondeur détendue, du sérieux sans prise de tête, de l'art qui n'a nul besoin d'en imposer: magnifique !
Pour finir en blanc: Pouilly-Fuissé Clos sur la Roche 2009 de Saumaize-Michelin. Nez enthousiasment de chardonnay bien mûr, pêche blanche et agrumes en même temps, bouche qui s'équilibre parfaitement entre la richesse du millésime, la densité de la matière, une légère amertume parfaitement incorporée et le côté pierre à fusil du terroir calcaire. De l'émotion plein le verre !
Le 3 mars 2012
"La Liberté", par ailleurs toujours passionnant quotidien, propose depuis hier vendredi 2 mars, je cite: "chaque mois le portrait d'un personnage atypique vivant en marge de la société de consommation".
Pour inaugurer cette série nous est présenté un ancien cuisinier, qui vit désormais près d'Estavannens en Gruyère, "dans une maisonnette sans chauffage central, entourée d'un cordon de fleurs des champs" et "qui vit modestement, en travaillant à mi-temps dans une menuiserie".
Ça c'est une idée...!
Le 1er mars 2012
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Le 26 février 2012
Ami(e)s du vin, ami(e)s d'une convivialité sans fioriture, notez déjà la date du samedi 29 septembre 2012. Pour déguster la totalité des vins de mon assortiment, pour nous retrouver, à Salins/Ollon toujours. De plus amples détails en temps voulu.
Le 25 février 2012
J'ai aimé parcourir cette nature scintillante, congelée mais revigorante, à la fois atone et réanimée, réenchantée par la neige et le froid. Mais qui reste pour moi comme un monde parallèle: J'admire, un peu du dehors.
Je dois avouer que vagabonder dans les Follatères, au soleil, en bras de chemises parmi les bulbocodes... Même si le printemps n'y est pas, pas encore, avec son odeur de terre mouillée.
Le 21 février 2012
"C'était un soir en Provence. Le jour n'en finissait pas de finir. L'on se croyait hors du temps, comme à l'abri de tout. Or de ce moment privilégié, non de béatitude passive mais d'adhésion généreuse au monde alentour, vous vous rappelez à présent la douce musique avec nostalgie en retrouvant ce ciel d'ambre velouté sur les tuiles chaudes et les arbres encore embrumés par le crépuscule; et cette lumière orange vous remémore, aussi, vos interminables soirées en enfance, quand la nuit paraissait se retenir d'interrompre vos jeux.(...)
Enfin partout où le mystère affleure dans ces lumières concentrant à tout coup la même présence tissée de mélancolie et de tendresse, d'attente et de reconnaissance."
Jean-Louis Kuffer, à propos de la peinture de Thierry Vernet.
Le 19 février 2012
"Cela dit, ce que j'aimais le mieux parmi tous les plats que ces Dames élaboraient à longueur de matinée: ne travaillant pas au dehors, et donnant ainsi tout leur temps, et, encore un fois, tous leurs soins à cette besogne. N'ayant nullement pour autant -cela se serait senti- le sentiment d'être des esclaves ou des créatures exploitées. Non. On les devinaient tout entières dans ce qu'elles faisaient. Et y prenant, cela aussi se sentait, plaisir. Témoins irrécusables de ces dispositions: leur allant, leur gaieté, leur égalité d'humeur. Je n'ai jamais perçu, et un enfant à cet égard ne s'y trompe pas -il est le miroir des miroirs- je n'ai jamais donc perçu, chez elles, la moindre contrariété intime, cachée, la moindre trace d'amertume ou de ressentiment, non plus que cette sourde rancoeur des êtres opprimés et qui n'avouent pas leur révolte. Tout que ça. Et quelqu'un serait-il venu leur parler d'insatisfaction -de "frustration", pour parler l'affreux jargon de nos jours- elles auraient bien ri ou hoché la tête. Tout respirait ici la paix, je l'ai dit, dans le recueillement. Car le propre des tâches pratiques, accomplies dans cet esprit, favorise une sorte de rumination intérieure. Paisible elle aussi. Vitalisante."
"La légende des repas", Georges Haldas, chez Julliard/L'Age d'Homme.
Le 18 février 2012
L'hiver n'est pas franchement la principale saison des confitures. A l'exception de celle à l'orange amère.
Il est temps de constituer vos stocks. A base d'oranges amères biologiques cela va de soi, puisque que tout y passe... sauf les innombrables ( le mot est faible) pépins !
Le 16 février 2012
"Ce que je lis dans les évangiles, en tant que formée par la psychanalyse, me paraît être la confirmation, l'illustration de cette dynamique vivante à l'oeuvre dans le psychisme humain et de sa force qui vient de l'inconscient, là où le désir prend sa source, d'où il part à la recherche de ce qui lui manque.
La vie, l'effet de vérité toujours nouvelle que la fréquentation des évangiles engendre dans le coeur et l'intelligence sont un appel, au jour le jour renouvelé, à dépasser nos processus logiques conscients. Ce sont les même mots et ils semblent toujours révéler un sens nouveau au fur et à mesure de notre avancée dans notre temps, au décours de nos expériences. C'est cela qui me passionne."
"L'Évangile au risque de la psychanalyse", Françoise Dolto, Editions du Seuil (en poche)
Le 14 février 2012
Au petit matin, à peine réveillée je t'entends bouger, discrètement, dans un demi-sommeil; je devine l'un ou l'autre de tes pieds, les deux peut-être, qui tout doucement sortent de sous ton duvet; pour s'introduire sous le mien, sans hâte.
Le voilà, les voilà contre ma cuisse, chauds et doux. Je ne bouge pas, attentif à ce contact, à saisir les infimes modulations de la pression. Je goûte avec reconnaissance à cette tendresse simple, ces quelques instants tranquilles de douceur si nécessaire.
Le 13 février 2012
Déjà deux mois d'hiver, lundi matin, températures désespérément négatives:
la déréliction guette (peut-être)...
Hélas, la vidéo de Mississippi Goddam de Nina Simone, qui se trouvait ici en lien, pour nous ragaillardir, n'est plus disponible.
Le 12 février 2012 (bis)
Mes envois groupés de courriels rencontrent semble-t-il parfois quelques problèmes de mise en pages chez les destinataires. J'essayerai d'y remédier, et avec toutes mes excuses.
Le 12 février 2012
Le serveur de mon site ne me permet non pas, bien évidemment, de savoir qui s'y connecte, mais le nombre de connexions et les pages les plus lues. Et bien les connections augmentent et les pages les plus parcourues sont celles de ce blog...
J'en suis d'autant plus ravi que ce blog a une certaine tendance à s'intéresser à des sujets qui n'ont pas grand rapport avec le vin. J' y vois là la preuve de votre curiosité... ou de votre indulgence ! Merci dans les deux cas.
Mais ! Néanmoins ! Ce site vend du vin, et du bon, et à des prix (je le constate souvent comparativement à ce que je vois ailleurs) extrêmement avantageux.
Et je livre comme toujours en tout temps et tous lieux.
Le 11 février 2012
Si le Beaujolais Nouveau a passablement terni l'image des vins de la région, cela ne signifie pas que tous ces vins primeurs sont à jeter. Il y a d'excellents Beaujolais Nouveaux, Chez Dominique Piron bien sûr (même si je n'importe pas cette cuvée, pour des raisons pratiques), mais aussi chez Jean-Paul brun, au Domaine du Vissoux, etc.
Et ces vins tiennent bien plus longtemps qu'on ne peut le croire. De ce dernier domaine, les bouteilles que j'ai encore sont un délice.
Le 9 février 2012
Les lobbies des producteurs d'énergie, d'électricité, cherchent tout au long de l'année à nous convaincre de la hausse inéluctable de la consommation.
A propos du Japon, un article de Michel Temman, dans "La Liberté" du 30 janvier, nous apprend que 49 des 54 réacteurs nucléaires japonais sont actuellement à l'arrêt et que "le Japon est en train de mettre en place un nouveau modèle énergétique" dixit le premier ministre, en dynamisant le renouvelable, en réduisant drastiquement la part du nucléaire et des importations de matières fossiles. Et en réduisant évidemment également la consommation, avec pour consigne des économies de l'ordre de 15 à 25 %...
Avec à mon sens la question subsidiaire suivante: faut-il nécessairement passer par un Fukushima pour rompre l'inertie, pour s'ouvrir les yeux ...?
Le 7 février 2012
"Cet après-midi là j'ai bien marché vingt kilomètres au hasard dans la ville. L'air était délicieux. J'ai visité au passage une exposition de photos japonaises d'un goût si exquis que rien n'y bougeait plus. (...) Je me suis reposé les pieds dans une église russe en écoutant des choeurs assez nombreux pour absoudre la ville entière. Ces avenues sans plan, ces entrepôts, ces librairies noires de monde, cette marée de jardinets, de maisonnettes inégales qui venait battre contre un canal croupi, contre un bloc d'immeubles ultramodernes, contre le ballast d'une voie ferrée... après huit heures de promenade, je me demandais si cela faisait une belle ville, ou même une ville tout court. Puis le soleil est descendu en se gonflant dans un ciel orange, dessinant en silhouette la ligne incongrue des toits, la folle écriture des antennes, des fils électriques et des ballons publicitaires contre un horizon qui virait au rouge, puis la pluie multicolore des néons. J'ai cessé de me poser des questions."
"Chroniques japonaises", Nicolas Bouvier, Petite Bibliothèque Payot
Le 5 février 2012
En prévision de la nouvelle importation en provenance de Bourgogne (dont il est question sous "actualité"), action dès aujourd'hui sur l'Altitude 450 de la cave coopérative de Bedoin:
10 % de rabais dès 12 bouteilles !!!
Le 3 février 2012
1996, qualifié par Jacky Rigaux dans "Millésimes en Bourgogne 1846-2006" (éditions Terre en vues), de grand millésime, quoique issu de raisins marqués au sceau de la sécheresse, nécessitant un tri important, des pieds entiers n'ayant pu amener leurs raisins à maturité (je cite).
J'ai eu des expériences diverses avec ce millésime, en blanc comme en rouge, avec des vins souvent austères, assez acides voir durs. Après une quinzaine d'années de bouteille le Volnay 1er cru les Taillepieds du domaine de Montille dérogeait à cette règle: une très belle bouteille un brin monastique certes, mais profonde et expressive.
Le 2 février 2012
Une pinte de bon sang par ces frimas d'hivers...
Le 1er février 2012
Pour ce qui est du marketing, j'ai une devise; Vérité, sobriété:
Le 31 janvier 2012
Il peut sembler passablement indécent, voir obscène, d'entendre Peter Brabeck, patron de Nestlé, particulièrement après avoir visionné "Bottled Life", affirmer dans une interview dans le cadre du WEF, que le capitalisme doit "revenir sur les vraies valeurs"... Qu'il se garde bien de préciser.
Il est vrai que nous vivons dans un monde ou les affirmations du marketing, de la "communication" font souvent office de paroles d'évangile. A tel point qu'on en oublie parfois de se questionner sur la bonne foi de leurs propagateurs.
Quelles sont en effet dans ces affirmations la part de mensonges, de demi-vérités, de vérités tues ? Ou simplement la part d'inconscience ?
Le 30 janvier 2012
Prenez une soirée cinoche pour voir "Bottled Life", excellent documentaire sur le commerce de l'eau par Nestlé. Film idéologique ? Non. Film critique, certainement, dit le site du Matin, à raison.
Le 29 janvier 2012
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Le 26 janvier 2012
Sélectionner les vins que je vous propose est l'aboutissement d'un long processus. Qui nécessite en premier lieu de se tenir au courant de ce qui se passe dans le vignoble, qualité des millésimes, actualité des domaines, disponibilité des stocks, etc.
Rendre visite bien sûr aux vignerons que j'importe, à ceux que je souhaite importer. Rapporter des échantillons, après une première sélection sur place. Beaucoup de bons moments évidemment là-dedans, du travail, mais avec le plaisir du vin, des rencontres, du partage avec un peu de chance, ou encore de parcourir une région attachante.
De retour de Bourgogne il s'agit enfin de déguster les diverses bouteilles ramenées. Soirée toujours sympa, plutôt relativement sérieuse, quoique cet aspect dépende de la capacité des uns et des autres à cracher...
Le 24 janvier 2012
Indépendance vaudoise, mais encore...
Ces danois, souvent des bonnes idées !
Le 21 janvier 2012
Le 1er janvier je parlais de cette BD-reportage "Le Photographe". Pour rester dans les mêmes régions du monde, plus ou moins sur les mêmes sujets et dans le même engagement courageux (pour Anne Nivat tout au moins) et quand même un peu hors norme, écoutez, regardez sur tsr.ch le bel interview de Darius Rochebin (qui sait relativement souvent se taire) avec Anne Nivat et Jean-Jacques Bourdin (l'émission s'appelle:"Pardonnez-moi"). Souvent passionnant.
Le 19 janvier 2012
"C'était un beau matin d'automne et je gardais les yeux fixés sur le paysage. Si toutes les puissances du mal s'étaient déchaînées dans le train, je crois bien que je n'aurais pas cessé de regarder ce paysage.
Jean-Baptiste Mackenzie m'avait dit que le train suivait plus ou moins la vieille piste indienne qui allait du Saint-Laurent à l'océan Arctique. Du Saint-Laurent à l'Arctique... Quel sens de l'espace ils avaient, ces indiens ! Un sens que les Canadiens dans leur ensemble n'ont pas et ne peuvent même pas concevoir. Cela fait à peine plus de cent ans que les milliers de kilomètres carrés de territoire qui avaient "appartenu" à la compagnie de la Baie d'Hudson ont été ajoutés au territoire du Québec, et une si impressionnante augmentation d'espace -comme si la France se retrouvait soudain avec la Sibérie devant sa porte- n'a pas encore fait son chemin dans la conscience locale. C'est pour cela que le nord tout entier constitue encore une froide énigme pour les Canadiens, alors que pour les Amérindiens il est bourré de réalités vivantes. Je ne voudrais pas trop insister, mais cela ressemble un peu à ce qu'est l'espace poétique pour un esprit normalisé."
"La route bleue" de Kenneth White, chez Grasset
Vas-y mon gars, de par le vaste monde...
Le 17 janvier 2012
L'Ancellotta, cépage rouge italien, est régulièrement utilisé en Valais dans les vins d'assemblage. Une très bonne illustration en est la Dôle de Denis Mercier; un vin pourtant souvent confiné, chez bien des producteurs, au rôle de cuvée sans prétention particulière.
Chez Anne-Catherine et Denis Mercier la Dôle flirte, grâce notamment à une assez importante proportion d'Ancellotta, avec le grand vin: précision de la structure, puissance souple, profondeur du fruit: un régal.
Le 8 janvier 2012
La vie secrète de nos amies les bêtes (11)
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Le 7 janvier 2012
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Le 6 janvier 2012
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Le 5 janvier 2012
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Un sur-lendemain d'avant-hier je me suis retrouvé sous un immense ciel bleu et dans un léger mistral à réfléchir à la destinée humaine, rien de moins ! Beau programme sans doute pour un début d'année.
Naufragé solitaire et volontaire, perdu dans le gigantesque versant sud du Mont Ventoux, je pensais à des lendemains qui chantent ou des présents difficiles. Ou au simple bonheur de se sentir en Vie: je n'avais pas tellement lieu de me plaindre, c'était une journée extraordinaire.
Pente douce et uniforme, sentiers de grandes randonnées bien balisés, vue imprenable, ce versant est une invitation aux voyages au long cours. Sans pour autant chercher l'exploit ni la performance, juste le plaisir de vivre là, entre caillasse, pin sylvestre, chêne vert, buis et autre cèdre. Dans l'odeur prenante mais fugace des omniprésentes touffes de thym qui embaument sitôt qu'on les touche.
Parti au premier soleil, je m'en suis retourné tranquillement avec le dernier. En ce jour de janvier, des vignes aux premières neiges à 1500 mètres d'altitude, une main suffira à dénombrer mes rencontres. Plutôt sociable pourtant et désireux de rassembler mes idées, je m'installe le soir même, au bistrot, attablé avec ma plume, mes feuilles et un verre de Côtes du Ventoux.
Une savoyarde émigrée, à la retraite peut-être, quelque peu avinée sans doute, me trouve "joli garçon". Preuve qu'elle n'a néanmoins pas perdu toute sa lucidité ! Nous parlons vins quelques instants. Puis plus tard, alors que je m'apprête à partir, elle me questionne: "Dans le vin et les femmes, qu'est-ce qui est important ?" ... Elle enchaine: "La tendresse."
Une journée extraordinaire !
Le 1er janvier 2012
Pour débuter cette nouvelle année un extrait du "Photographe" d'Emmanuel Guibert, à la fois BD, reportage photos et récit initiatique, entre autres choses;
à lire absolument (Édition Aire Libre/Dupuis).
Robert, médecin en mission pour MSF, lors d'un premier hivernage en Afghanistan durant la guerre contre les soviétiques, dit:
"Une anecdote pour te dire la générosité des gens. Tous les jours, ils nous portaient le pain. Plus on avançait, plus ce pain devenait dégueulasse. A la fin, il y avait plus de terre que de pain. Un jour, nous, maladroits, on dit au boulanger qu'on n'en veut plus, qu'on va le jeter.
Et lui, un peu penaud, nous demande de ne pas le jeter, de le lui rendre.
L'après-midi, on a appris que depuis un mois, personne alentour ne mangeait plus de pain. Toutes les familles avaient raclé leur fond de huche pour que Sylvie et moi, on continue d'en avoir."
"Alors forcémment, quand tu as vécu ça une fois, tu reviens et tu recommences."



